Vous arrive-t-il de vous surprendre à dire « oui » avant même de décider si c’est la bonne réponse?
Quelqu’un arrive avec un besoin, une demande ou une émotion, et sans consulter votre propre boussole, vous réagissez en essayant de faire plaisir, d’arrondir les angles ou d’éviter une tension sur le moment. Sentez-vous parfois les conséquences indésirables de vos « oui » s’accumuler avec le temps, pendant que vos propres objectifs, priorités, valeurs ou émotions passent sans cesse au second plan, comme s’ils ne comptaient pas?
Les articles de psychologie populaire ont tendance à se concentrer sur les « 5 signes du besoin de plaire », tout en laissant les lectrices et les lecteurs deviner s’ils sont concernés et ce qui se passe réellement en dessous. Cet article révèle les véritables mécanismes du besoin de plaire, pourquoi exactement il devient un problème, et à quoi peut ressembler un changement véritable.
Faire plaisir aux autres n’est pas le problème
Faire plaisir aux autres n’est pas nuisible en soi. Donner aux autres avec générosité, écoute, soin et attention est l’une des plus belles choses de la condition humaine. Cela nous permet de soutenir et d’élever les autres et notre monde, et c’est une part importante de devenir qui nous souhaitons être dans ce monde.
Alors, quel est le problème avec le besoin de plaire?
C’est la perte de la liberté de choisir si nous donnons, quoi, quand et comment. Plus précisément, c’est la perte de la capacité de sentir si un « oui » est réellement aligné avec ce qui compte pour nous, et de choisir en conséquence. Faire plaisir aux autres devient un problème quand nous le faisons sans choix, par compulsion ou par soumission.
Quand dire « non » nous met si mal à l’aise, notre « non » peut sembler une option inaccessible. Et si le « non » n’est pas psychologiquement accessible, alors le « oui » n’est pas vraiment un choix non plus. Autrement dit, nous ne choisissons pas avec notre libre arbitre. Nous pouvons encore vivre l’illusion du choix, mais psychologiquement, une seule option semble possible.
Si vous faites constamment passer le « oui » aux autres avant vos propres valeurs, besoins, visions et désirs, sans ressentir la liberté de choisir, alors vous renoncez à votre pouvoir d’exprimer qui vous êtes et de créer ce que vous voulez dans ce monde. En fait, vous rejouez peut-être un schéma de négligence ou d’abandon envers des parties importantes de vous-même. Si vous vous reconnaissez : il s’agit généralement d’une réaction conditionnée, et non d’un défaut de caractère, et c’est une réaction que vous pouvez changer.
Deux exemples du besoin de plaire
Exemple 1 — Objectifs de travail : Imaginez une femme qui réserve une journée entière pour travailler à un objectif personnel important. Tout au long de la journée, d’autres personnes lui demandent des choses, en toute innocence. Chaque demande semble raisonnable, et chaque fois, dire « oui » semble la bonne chose à faire. Cela correspond à son identité de personne gentille, généreuse et appréciée. En même temps, l’idée de décevoir quelqu’un ou d’être impolie lui cause un pincement de culpabilité ou d’anxiété. À la fin de la journée, elle se rend compte qu’elle n’a gardé aucun temps pour son propre objectif. Ce n’est pas qu’une journée. C’est tous les jours.
Exemple 2 — Objectifs de couple : Imaginez maintenant un homme dont le mariage bat de l’aile. Ses parents demandent à séjourner chez lui pendant une semaine. L’idée de leur dire « non » le remplit d’anxiété. Pour éviter de les décevoir, il dit « oui », même s’il sait que son mariage a besoin de lui. Il a moins d’énergie pour son couple, ses problèmes s’aggravent, et il commence à reprocher à ses parents la détresse grandissante de sa relation.
Ces deux personnes agissent à partir de ce qui ressemble à de la générosité. Mais dans les deux cas, elles choisissent le soulagement à court terme plutôt que l’alignement à long terme.
La perte de la liberté de créer
Quand nous perdons l’accès à notre « non », nos « oui » cessent d’être de la générosité et deviennent de l’abandon de soi. Quand répondre aux besoins de quelqu’un d’autre semble notre seule option acceptable, nous n’agissons plus librement.
Pourquoi est-il si difficile de dire « non »?
Chacune et chacun de nous a ses propres raisons, façonnées par ses expériences et son conditionnement uniques. Certaines personnes se sentent enfermées dans des identités et des attentes liées au genre qui leur dictent d’être sages, gentilles et dociles pour être acceptées. D’autres ont appris que leur valeur et leur appartenance dépendent du fait de plaire aux autres. Et d’autres encore ont appris que dire « non » peut entraîner des conflits douloureux, une punition émotionnelle, le rejet ou l’abandon.
Anxiété et schémas de contrôle compensatoires : Quand nous ne pouvons pas tolérer de dire « non », notre paix intérieure dépend du fait que les autres aillent bien, soient satisfaits et ne nous demandent rien. Les demandes des autres commencent à ressembler à des menaces. Cela nourrit l’anxiété, la frustration et le ressentiment.
Pourquoi dire « oui » de façon compulsive n’est pas un vrai don
Quand l’évitement de l’inconfort guide notre comportement, nous ne nous demandons plus : « Qu’est-ce qui servirait vraiment cette personne ou cette relation? » Nous nous demandons : « Qu’est-ce qui soulagera mon propre inconfort? »
L’importance d’avoir accès à notre « non » devient particulièrement évidente dans le rôle de parent. Si vous cédez seulement pour éviter la réaction d’un enfant, vous ne le servez pas.
Pourquoi le vrai don exige la liberté et le leadership
L’accès à notre « non » nous donne la liberté de choisir par nous-mêmes où nous dirigeons notre énergie, notre attention et nos ressources. L’archétype du roi idéal accepte de plein gré une responsabilité immense, écoute profondément et agit même quand les autres ne sont pas d’accord. Le leadership n’exige pas le pouvoir sur les autres; il exige la capacité d’agir à partir de votre propre alignement.
Pourquoi avons-nous appris à nous abandonner?
Nous nous abandonnons parce que nous poursuivons une stratégie de survie qui nous a autrefois protégés. Ces stratégies n’apparaissent pas sans raison. Nous les avons souvent apprises à travers des expériences répétées, douloureuses et effrayantes avec nos parents ou d’autres figures d’autorité.
Alors, à quoi ressemble le chemin à suivre?
Surmonter le besoin de plaire, c’est apprendre à dire « non » et reprendre votre capacité de choisir. Le but n’est pas de moins vous soucier des autres. Il s’agit de développer la liberté de reconnaître ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin, ce qui compte pour vous et ce que vous voulez vraiment, et de rester en lien avec vous-même même quand agir selon cette vérité est inconfortable.
Ce processus consiste souvent à créer de la sécurité tout en affrontant et en assimilant les émotions mêmes que ces schémas ont servi à éviter. Il consiste aussi à passer en revue les croyances qui maintiennent l’ancien schéma en place.
Si cela résonne en vous
Mon travail aide les adultes à développer la sécurité intérieure et la capacité émotionnelle de reconnaître ce qu’ils ressentent et ce dont ils ont réellement besoin, de rester en lien avec eux-mêmes quand des émotions difficiles surgissent, et de répondre à la vie par choix plutôt que par peur, culpabilité ou compulsion.
À propos d’Alyssa Herzig, M. A., Ph. D.
Alyssa Herzig est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en psychologie clinique, avec une formation en thérapies somatiques et en approches intégratives corps-esprit. Son travail porte sur l’attachement, le développement de la sécurité relationnelle intérieure, ainsi que l’intégration somatique et l’incarnation, en lien avec soi comme dans les relations. Elle offre des séances individuelles de coaching somatique en ligne pour adultes.
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Cet article est offert à des fins éducatives seulement et ne remplace pas une psychothérapie, un diagnostic ou un traitement en santé mentale. Il ne s’applique pas aux situations de violence, d’abus ou de danger immédiat. Si vous vous sentez en danger ou à risque, veuillez obtenir de l’aide immédiatement auprès d’une ligne d’écoute de crise, des services d’urgence ou des ressources de votre région.